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Amande
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyMar 11 Aoû - 23:01

Oo !
Jsuis déjà en retard de 3 textes ????

Outch, j'ai de la lecture !
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyMar 11 Aoû - 23:25

Mdr moi aussi j'ai du retard , je m'y met toute suite ! ^^

EDIT :

BOn alors j'ai lus les trois dernier textes !

Donc en ce qui concerne le texte sur les grands parents je reconnais pas vraiment les grand parents chez qui j'aller en vacances quand j'était petite. Mes grand parents maternelles sont tous sauf des papi et mami gateau !
Mais bon ton texte m'a toucher quand même car j'ai eu deux voisines que je peux considéré comme mes grands mères , elles était ADORABLES avec moi , y en a même une que j'appeller mamie , c'est pour vous dire !

Sinon pour compléter le tableau qui dépeint les grands parents je citerai la phrase d'un client que j'ai servit dimanche à la boulangerie : " vous savez ce sont toujours chez les personnes agèes qu'on trouve le pain très très cuit il adore quand c'est comme ça , imangeable , c'est comme le papier toilettes , c'est aussi chez eux que tu le trouve toujours trop dur , trop... comme du papier journal " Rire j'était mdr dans le magazin ! car je pensé a mes grand parents XD

Bon en ce qui concerne le texte sur les touristes je me reconnais dedans , et c'est vrai que parfois on à l'air ridiculle mais qu'est ce qu'on peut etre heureux en vacances !

En tous cas Maelle merci encore pour ces jolie textes ! Bravo
Bisoux
Alex
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyMer 12 Aoû - 21:46

C'est moi qui te remercie Alex ^^ C'est gentil
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Titelle
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyMer 12 Aoû - 22:29

Très bien
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyMer 12 Aoû - 22:47

Bah dit Titelle c'est uqoi ce petite commentaire tout petite ?!
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyJeu 20 Aoû - 13:38

Hey !

J'ai ratraper mon retard [[ Fier de Moi XD ]] .

  • Alors je Commence par le texte sur les grand parents =D
    C'est exactement ce que tu racontes, tu nous racontes la vie que l'on a avec eux comme si tu nous voyais en fait en lisant tes textes on a l'impression de vivre notre propre vie =D .
    Ma grand mére c'est exactement ca ^^ .Toujours levée de Bonne heure, toujours a cuisiner a me donner les restes pour manger chez moi [[ Pourtant chez moi on ne meure pas de faim Rire Rire ]]
    Enfin j'ai adorer ce texte =D

  • Le texte sur le depart en vacances :

    J'ai l'impression de me voir =D. Je suis toujours toute decoiffée, des gros cernes sous les yeux, les vetements tout froissé =D . Enfin c'est exactement ca. L'histoire des plaque d'immatriculation aussi =D.
    Sinon Dis donc les nordistes sont pas tous comme ca Rire Rire . [[ Attention hein =D ]]



  • Le texte sur le marché :

    C'est vrai que je metter jamais poser la question du pourquoi vendre des matelas sur le marché Rire . Peut etre au cas ou on ve rentrer en etant sur le toit de la voiture =D .


Enfin je dis encore bravo parce que j'adore te lire =D
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyJeu 20 Aoû - 19:13

Je te remercie pour ton commentaire, tes commentaires, ils me font toujours plaisir.
Non Wink j'ai pris le nord par oposition géographique biern sûr. Et bien sûr, tout le monde n'est pas comme ça.
Je me permets de te remercier tout particulièrement pour ton allusion au texte des grands parents...ils ne sont pas tous comme ça, mais dans ton cas je suis pas à côté de la plaque, et ça fait toujours plaisir.

Enfin bref, merci à toi
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyMer 7 Oct - 18:07

Je vous ai manqué ?
(non je doute de rien Sad)

Non mas j'ai regribouillé mes idées sur le papier, et c'est toujours aussi emberlificoté (cool à écrire ce mot). Cela dit comme j'avais pas envie de tomber dans l'oubli total, je vais vous parler de quelqu'un que je connais assez bien.
Vous pouvez aussi écouter (ouais parce que maintenant je fais des suggestions d'écoute Rolling Eyes ^^) Calogero vous parler du plus beau jour de sa vie, de son embellie, vous pouvez écouter le Mozart du XXIème siècle vous dire qu'il faut vivre à en crever, Ben Ricour en plein soleil...j'en oublie c'est à vous de voir, ils sont beaucoup à l'avoir dit joliment.
Et j'oubliais, ne cherchez pas le rapport avec l'image, c'est juste un souvenir. Puis c'est une capture du film "Et après", au cas où vous connaitriez le cygne ^^
Encore merci pour tous vos commentaires.
__________________________________________________

[Maëlle] Textes - Page 8 Pdvd081
Happyculteur


C’est l’automne. On le voit, les feuilles sont d’un vert délavé qui tend vers le doré…Pour certains éléments la mort est un facteur de beauté. C’est brumeux, on voit à peine ses pieds quand un marche sur un trottoir et on repense à ces silhouettes de films américains qui introduisent un personnage mystérieux. Cette ombre c’est peut-être nous, peut-être qu’aujourd’hui sera un grand jour. Finalement on est tous des vilains petits canards avec leurs problèmes à différents niveaux, on se trouve tous banals dans le cercle vicieux de nos humeurs, dont on est incapable de définir les limites. On se demande tous si par hasard, au bout du trottoir il n’y a pas cette poussière qui va changer notre vie de façon inattendue.
Non. Aujourd’hui ce n’est pas son cas. Ce garçon au blouson noir va sortir de la brume et pousser une porte trop lourde, traverser le hall d’un lycée qui sent le détergent, il va sourire à un groupe de copains et monter quelques marches. Il est un peu en avance, et ses pas résonnent dans un couloir dont il aimerait bien voir le bout. Par la fenêtre, en attendant la sonnerie il distingue la faible lumière rouge d’un mégot au bout de la main d’une fille maquillée comme les actrices d’Almodovar.
Il rentre dans la salle, salue poliment, et s’installe près de la fenêtre pour signifier clairement que malgré tout le respect qu’il doit au professeur assis devant lui, il préfèrerait entendre les feuilles mortes craquer sous ses pieds. Il est vite suivi de ses semblables, ou presque. Il ne sait plus exactement ce qu’il fait là.
Très vite, devant lui, un dépliant est posé, concernant son orientation professionnelle. Sur ces dépliants les jeunes souris. Lui à les voir, il aurait presque envie de pleurer.


« Peut on concilier nécessité et bonheur ? »
Phrase écrite seule sur une feuille A4 encore chaude. Il a une heure.
Il regarde par la fenêtre pour voir passer une fille de 6 ans ou peut-être 7, sa main dans celle de son père qui regarde sa montre. Il est déjà en retard.
C’est donc ça le bonheur futur qu’on nous promet. On va courir, après le temps que l’on n’aura pas. On nous demande ce que l’on va faire pour la société, plus grossièrement, à quoi on va servir.
Il regarde de façon assez sceptique ces personnes en devenir qui l’entourent. S’ils se donnaient rendez-vous dans dix ans ils verraient quoi ? Il y aura de tout, et ils s’en étonneront, parce qu’en ce mardi matin à 8h36 ils auront tous planché sur la même question.
Il soupire, passe sa main dans ses cheveux, et débouche son stylo.


J’ai 17 ans, presque 18. Je suis dans cette période où je dois choisir ce que je compte devenir.
Vous me demandez ce que je vais être. Je me pose la question, ne croyez pas que je suis inconscient, je ferai quelque chose que j’aime, mais vous ne me questionnez pas sur ce qu’il pourrait y avoir de plus important encore. On ne nous parle jamais des métiers universels.

Quand je serai grand, je serai moi, mais en mieux.
Je serai étudiant. Celui qui va au tennis le jeudi soir, même s’il court le reste de la semaine. J’aurai un chez moi modeste, mais qui ne me renvoie pas l’écho de mes clefs jetées sur la table quand je rentre à 19h. Je ne serai plus celui qui doit entretenir ses relations avec des répondeurs, je vais me donner les moyens d’être là pour ceux que j’aime.
Ma culture je n’aurai plus à en avoir honte, je n’aurai plus cette sensation d’embêter le monde quand je parle. Je m’apprécierai, j’aurai un pas assuré, et une poche intérieure dans mon blouson. J’y rangerai un portable, je devrais m’excuser au milieu d’une conversation, parce que d’ici quelque temps, on m’appellera.

Un jour, je serai mari, j’aurai signé un contrat à durée déterminée pour le restant de mes jours, un romantique à trois-quarts temps parce que je ne suis pas parfait. Je serai père a temps plein et présenterai Théo, mon portrait miniature à mes parents qui seront fiers de moi. Je veux être le père noël qui met des cadeaux sous le sapin, le super héros qui répare les jouets, et superman aux yeux de la cour de récré. Je ne veux pas être le père qui court en emmenant sa fille à l’école, comme celle que je viens de voir passer, je veux prendre le temps d’être là pour ce qui peut vraiment compter. Je veux être un homme conscient que jamais une fiche de paye ne lui dira « je t’aime ».
Je veux apprendre à savourer un paysage méditerranéen avec les pieds dans le sable, autant que les soirs de décembre où j’enfoncerai mon nez sous l’écharpe parcouru d’un frisson. Je vais hurler parce que j’aurai loupé un métro, puis je serai capable de penser à mon alter ego congolais qui ne sait pas ce que c’est qu’oblitérer un ticket.
Ma vie ne sera pas noire, pas blanche, mais grise, je serai le peintre qui s’efforcera de nuancer les couleurs. Je vais avoir des soirs où je serai à bout, j’aurai à dire adieu à mes parents, je vivrai peut-être ces évènements qui à leur simple évocation me font pleurer. Tout cela arrivera probablement, la vie on s’y baigne comme on s’y noie.

Je veux être fabriquant de souvenirs. Je serai toujours une personne banale, mais j’aurai appris que c’est très bien comme ça, puisque je serai unique pour une minorité de personnes qui m’offriront leurs sourires. Parce qu’il y a un fin, je veux garder les mains qu’on m’a tendues dans les miennes, et ignorer les poings fermés. Mes amis avec leurs fous rires, leurs larmes, notre tout. Je veux les regards en coin qui en disent long, la complicité et la télépathie qu’on ne comprend pas. Je veux croire que ce n’est peut être pas éphémère. Je serai assis à côté, et je mouillerai mon tee-shirt de leurs chagrins qui ne passent pas. Je veux entendre des sourires au téléphone, mais les voir souvent, parce qu’ils manquent à mon quotidien. Je veux ces moments où je me dis que c’est le destin, et que parfois il est quand même bien fait. Je veux me retourner sur ma vie, et me dire que je suis fier de moi, et d’eux, et de ce qu’on a fait ensemble. Je veux croire qu’on est indispensable.

On ne se souviendra que de ça, de nos sentiments, de nos humeurs et le reste n’est en soi pas si important, alors je vais pleurer pour tout et rire d’un rien, je vais vivre. Je voudrais être heureux, cultiver mon bonheur, peut-être même celui des autres, puisque si à échelle planétaire on ne sert à rien, pour certains on sert à tout avec des gestes, des mots, des pensées.
Je suis utopiste je vous vois sourire, vous me trouvez bête. Je suis rêveur mais sincère, j’ai 17 ans presque 18, et quand je serai grand, dans quelques mois, je serai Happyculteur.
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Titelle
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyMer 7 Oct - 18:08

Very Happy
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stef...
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyMer 7 Oct - 18:22

Oh.. quel beau métier!!!
Je crois que j'en suis...
Mais je ne le savais pas avant de te lire.....
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Maëlle
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyJeu 8 Oct - 22:31

Merci à toutes les deux.
Ah stef je t'apprends des choses ^^ j'en suis ravie.
Je pense que c'est inné. Faut juste une paire de petit boulot un peu naze pour trouver celui qui peut durer.
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lau'
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptySam 10 Oct - 0:08

je reste sans voix...félicitaions pour tes textes! Very Happy
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptySam 10 Oct - 11:54

  • affraid Eh bah si c'est pas de la belle ecriture ca XD .
    Dit le jour ou t'ecris un roman tu me previens :p
    Franchement j'ai adorer le dernier texte, je sais pas j'ai étais passionnée en le lisant, comme absorber par chaque mots que t'a ecris. Il est tellement bien ecrit. Franchement bravo .
    J'adore Love
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptySam 10 Oct - 15:03

Un grand grand merci à toutes les deux Smile Ca fait toujours du bien de lire ça
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyMar 13 Oct - 22:53

C'est pas réellement une commande, mais c'est une idée donnée.
J'espère que je ne vous empècherai pas de fermer les yeux ce soir
J'espère que ce texte vous plaira
J'espère que vous saurez y trouver un message plus optimiste que triste.
J'espère qu'il dit vrai.

Je vous remercie, encore une fois, de prendre un peu de votre temps pour vous arrêter ici, et pour vos mots. Je remercie ceux qui ont pleurer, même si je culpabilise un peu. Merci pour les idées, merci.

______________________________________________________
A coeur ouvert

Je suis allongé sur du métal froid, celui qui nous mord la peau. Au dessus de moi une lumière qui éclaire trop, c’est tout vert autour, j’ai l’impression d’être dans un paquet de chewing-gums à la chlorophylle. J’attends. Je vois passer des blouses, tout me semble irréel, j’ai cette odeur de propre dans le nez et la sensation d’être au centre du monde, là où je suis seul et sans négociations possibles.

On va m’endormir, me pousser dans mes rêves, tirer mes paupières comme on tire les rideaux sur une journée, ou dans mon cas, peut-être sur une vie. Je vais sentir l’aiguille froide, on va peut-être me demander de compter. A un, je vais paniquer, à deux j’essayerai de me ressaisir, et à trois le marchand de sable va s’asseoir sur mes pupilles en réclamant le silence. Je l’accueille toujours à bras ouverts ce moment de flou, le passage d’entre deux mondes, le réel me pique souvent les yeux, je suis un rêveur. Pas aujourd’hui.

Ils vont m’ouvrir le cœur. Mon cœur, celui qui me tient en vie, en qui j’avais confiance avant même de constituer mon premier souvenir. Ils vont bidouiller, observer, nettoyer, comme l’horloger qui souffle sur un rouage pour enlever la poussière qui empêche l’aiguille des secondes de tourner. S’il souffle mal, si le rouage dérape, la Terre tournera sans moi. Etre nu devant ces gens ça me gène moins que de les voir trancher mon organe sentimental.
Ils ont déjà tout vu, ma structure sur des radios, ma peau fine et mes veines bleuies, des centimètres carrés d’intimité et aujourd’hui ils vont s’attaquer à ce que j’ai toujours eu la possibilité de cacher à tout le monde. Mon cœur fissuré, celui que j’ai voulu arrêter plusieurs fois, aujourd’hui je voudrais le doper, je m’excuse pour les jours où je ne lui ai pas fait confiance, je le supplie de ne pas me lâcher. Je n’arrive pas à réaliser qu’il risque de s’arrêter, je ne conçois pas qu’il ait faibli, je le savais fragile et abimé par l’expérience, mais pourtant je le croyais imbattable. Il était invisible aux yeux du monde, j’étais le seul à y promener mes pensées, quelques proches ont collé leurs oreilles contre ses murs pour l’entendre murmurer ce que je n’arrivais pas à dire, et aujourd’hui de grands doigts vont faire une brèche dans la forteresse à coup de scalpel.
Je rougis de savoir ce qu’ils vont abîmer inconsciemment. Ils trouveront des cicatrices, des prénoms marqués au crayon de papier, effacés avec la gomme du temps qui marche parfois mal, puis d’autres gravés à coup de promesses dans mes tissus. Ils font partis de moi. Ils vont trouver quelques images que je gardais au chaud, ils vont égratigner mon sixième sens, je me demande si j’arriverai à ressentir les mêmes choses demain. Mes pulsions, la débâcle contradictoire que je passais des nuits à essayer de démêler. Est-ce qu’accidentellement un lien ne sera pas coupé, est ce qu’ils ne vont pas déchirer un sentiment, rayer une amitié, est ce que j’aimerai encore ma femme demain ? Vous me direz docteur, s’il est de pierre ou d’artichaut…

Peut-être qu’il n’y aura pas de demain. On va me fermer les yeux, et peut être que le destin et ses humeurs vont mettre des cadenas dessus. C’est une sensation bizarre. Si tout doit s’arrêter, j’espère que je ne resterai pas seul avec les tâches colorées que l’on voit les yeux fermés, je voudrais qu’on suspende le temps au cours d’un rêve, un long, de ceux qui nous font pleurer quand on se réveille. Je serai heureux, ailleurs que dans ma réalité. Laissez-moi me noyer sagement dans une illusion, de celles qui me font du bien, laissez moi boire la tasse des souvenirs agréables et tomber tout au fond, là où le bonheur n’est plus éphémère.

C’est ce que j’aimerais voir, mais dans le doute, je préfèrerais vivre. Nettoyez-le un peu ce cœur si vous tenez à le triturer. Enlevez les regrets qui le ralentissent, et neutralisez la jalousie, cette rouille qui ronge les sourires qu’on se donne d’habitude, mettez dehors le chagrin qui alourdi mais ne froissez pas les ailes que m’ont donné certains mots. Sortez mes incertitudes, enlevez la cette maladie qui inquiète mes proches, qu’on n’en parle plus, mais surtout réveillez-moi dans quelques heures, parce que j’ai oublié d’aller prendre quelqu’un dans mes bras.
Je pense à toutes les choses que je n’ai pas pris le temps de dire, ou pas assez, avant d’être allongé là. La première, c’est « je t’aime ». A l’instant où je pense je voudrais me concentrer très fort pour envoyer des bouquets de mots qui font sourire à ceux qui habitent dans mon cœur, je voudrais qu’ils sachent tout. Je veux tendre un mouchoir à la jeune fille qui pleure en essayant de ne pas penser à moi en ce moment, à ceux qui savent garder le silence mais qui ressentent beaucoup. Je voudrais que si mon cœur lâche, il explose de toutes ces choses qu’il n’arrivait pas à exprimer au quotidien. Il faut que je dise ce que j’ai dessus à ceux qui sont dedans, je réalise que c’est un impératif. Je fais la liste de tout ce que j’ai oublié, je me fais des promesses il est hors de question que je n’ouvre pas les yeux dans les prochaines heures. C’est décidé, je veux rentrer à la maison et caresser le chat. Je veux encore dire bonne nuit et regarder par la fenêtre de la voiture quand il pleut. Je ne veux pas rater les prochains bourgeons sur les arbres, pas plus que le rire de ma fille à Noël.
Je ne sais pas si mon cœur sait qu’il risque de s’arrêter, peut-être qu’il le veut, ça l’arrange de dormir après toute ces années. Il bat vite, et fort, je me sens trembler nerveusement, un peu comme avant de rentrer en scène pour parler devant des tas de gens, il va bégayer, peu m’importe tant qu’il ne reste pas muet.

Il arrive le destin avec son ombre, maintenant c’est pour de vrai. Je vais baisser mon rideau de cils sans savoir si l’acteur principal pourra encore jouer quelques actes improvisés dans un futur proche. Peut-être qu’il va trébucher en voulant remonter sur scène. En me concentrant je l’entends taper du pied sur le plancher au rythme d’une mélodie familière. Je n’avais jamais réalisé que c’était celle là la plus belle, le compositeur de ma vie c’est moi, et je me sens fier. Si le rideau se lève, j’inspirerai et j’expirerai, fier de savoir le faire. Je sourirai à un autre sourire, et je continuerai à graver dans mon cœur les petits détails du quotidien plus ou moins ensoleillé qui m’appartient, on se battra ensemble jusqu'au dénouement.
Si le rideau tombe, si la pièce se termine à ce moment là, je garderai mon costume de rêveur éternel, et je m’improviserai une suite, comme je l’ai toujours fait.

-Monsieur vous comptez avec moi
-1

J’ai senti une main prendre mon bras glacé. J’ai serré les mâchoires en penser très fort à ceux que j’aime.
-2
Je me suis décontracté. Demain hier ne sera plus qu’un cauchemar, ou sera le rêve sans fin que je compose depuis tout petit. Aucune raison de s’inquiéter. Je pense à cette douce illusion que sont nos problèmes quotidiens, puisqu’ils sont là pour pimenter notre bonheur. Dans mon rêve ou dans ma vie je verrai les mêmes yeux brillants, puisque jusqu’ici j’ai su mêler les deux au point de les confondre parfois.
-3
J’ai fermé les yeux.

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stef...
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyMar 13 Oct - 23:18

C'est un mélange de sentiments qui se bousculent dans ma tête...

La mort ou le sommeil...

La désillusion ou l'optimisme!!!

Les 1ers mots qui me viennent, c'est profitons de chaque instant..
Car on ne sait de quoi sera fait demain!!!!
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyDim 18 Oct - 21:19

Maëlle, que te dire que je ne t'ai déjà dit ?
On a beaucoup parlé de ce texte....encore plus que des autres.
Tu sais ce que j'en penses, tu sais ce que j'ai ressenti.
Je voudrais juste sortir cette phrase qui m'a marquée : "Si le rideau se lève, j’inspirerai et j’expirerai, fier de savoir le faire.". C'est ce que je souhaite à tous ceux qui vivent ce doute, en ce moment même.
Encore bravo Bravo et merci, pour le coup Wink
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyLun 19 Oct - 18:05

Stef je crois que tu as raison...faudrait réfléchir comme ça
Marie, de rien, j'ai pas fait grand chose, ou plutôt merci pour tes commentaires encore une fois ^^
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyLun 19 Oct - 19:57

  • Je ne sais pas quoi dire a la lecture de ce texte, qui je pense est l'un de ceux que je préfère (je ne sais pas pourquoi), je le trouve tellement juste et bien écrit. Il est vrai qu'on regrette toujours de ne pas avoir dit a tel ou tel personne qu'on les aimaient.
    Sincèrement ce texte nous remet en question, il nous fait réfléchir sur les choses que nous aimerions change
    J'aime l'avant dernier paragraphe encore plus que les autres <3.
    Je trouve ta façon d'aborder la mort a la fois subtile et superbe.
    En tout cas c'est toujours un réel plaisir de lire tes textes Maëlle <3.
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyLun 19 Oct - 20:19

Je vois... que je suis a la bourre encore une fois...

Mais bon t'as l'habitude ... a force.

Je viens de lire ce dernier texte. Qui est comme d'habitude magnifique.
Je vais pas faire un commentaire a ralonge, sinon je te dirais ce que je te disais a chaque fois que je lisais un de tes textes, ça serait du rabachage...

Enfin bref.
Tu expose un certain point de vu... qui fait vraiment réfléchir... et c'est marrant comme on peut rellement interpréter les choses a notre manière...

Bref, Bravo.
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyLun 19 Oct - 22:20

Merci les filles, c'est sympa


Je pensais pas faire réfléchir les gens comme ça...alors que je devrais déjà apprendre à réfléchir moi même.
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyMer 9 Déc - 23:39

Bonsoir
Pour être honnête, j'aimais bien mes derniers textes, les deux (le tout dernier particulièrement), et depuis je me sens faiblir ^^
Cela dit, peut être que lma façon de l'introduire va rattraper la misère
Je tiens juste à dire que c'est un thème que je voulais aborder, parce que quelque soit la manière dont elles le surmontent, je trouve que ce sont des personnes qui ont du mérite.
Bensé a fait un beau titre la dessus. "La veuve", pour ceux qui sont curieux.

Elle s’est levée tôt comme tous les matins. Elle a monté les volets et mis la machine à café en route. Elle s’est assise à la table de la cuisine, deux chaises vides en face d’elles. Celle d’à côté ne l’est pas, le chat finit sa nuit. Elle écoute la radio, la seule chaîne programmée, les informations d’un monde qui va mal. Avant aussi tout allait mal, mais différemment.
La veuve reçoit le journal le matin, qu’elle lit en diagonal, avec des lunettes qu’elle nettoie tout le temps. Elle connaît le prénom des gens sur les photos, et survole la rubrique nécrologique, à la recherche d’un nom connu, ou d’un âge bien trop jeune. Elle observe nostalgique les sourires des mariés, et se souvient devant les mots croisés qu’il n’y avait que la mort pour la faire divorcer.

Dans les maisons des veuves, il y a une solitude qui veille et qui angoisse les visiteurs. On entend le frigo et les montres des différentes pièces, exposées comme des preuves : malgré les photos vieillies sur le buffet du salon, le temps ne s’est pas arrêté. Tout continue, le cœur, les sourires, Noël, les bonnes actions et les repas de famille.
Ma veuve ne vit pas dans le passé, elle continue son chemin dans un lit à moitié vide. Pour sortir elle met un gilet qui n’est jamais assez épais, prend les clés de la voiture et traverse une allée toujours propre, pour tourner à gauche de la boîte aux lettres dont le nom ne changera plus. Elle bouge en disant qu’elle en profite, elle est active et voit du monde dans des associations, des soirées, elle s’est promis de ne pas attendre que ça passe. Tous les projets sont dans ses sourires, ceux que certains trouveront vains d’autres les trouveront admirables.
Elle va au marché avec un panier qui semble trop grand avant et trop petit après. Elle déambule en riant de ce qu’elle n’achète jamais mais qu’elle regarde toujours d’un air curieux. Elle croise des gens qu’elle connaît depuis longtemps, dit bonjour à ses voisines et achète presque systématiquement les mêmes choses parce que les péchés mignons sont intemporels.

Ma veuve a appris à penser à elle, elle adresse un petit sourire d’excuse à ses souvenirs lorsqu’elle ferme la porte de chez elle, et une larme de joie aux merveilles qu’elle peut encore voir de temps en temps. Sa vie lui plait, mais le présent à un autre goût que le passé, et sa petite personne ne l’intéresse que modérément. Un épisode de sa vie s’est estompé, il reste au premier rang ses enfants dont les racines sont ancrées solidement au même port. Ces descendants d’amarrage sont la signature indélébile du passé, un objectif atteint par deux personnes au milieu de marrées hautes ou basses que leur ont proposé la vie. Personne n’a coulé. Un membre a dépassé la ligne de l’horizon, toujours sur la même mer, invisible sans être absent, il passe au ralenti au cours de certaines discussions pour rappeler l’importance d’un lien insubmersible.

On ne peut pas dire qu’une veuve radote. Non, elle raconte encore une fois, et il n’y a que ceux qui l’écoutent pour comprendre la subtile différence qui fait naître un sourire. On s’assoit à la table de sa salle à manger, les coudes sur la nappe et les yeux sur les verres à pieds dans la vitrine. On lui connaît toujours les mêmes tasses de café que l’on ne voit nulle part ailleurs. Entre deux, on boit ses paroles à deux pieds dans ses souvenirs. Il y a cet infime moment d’absence lorsqu’on ne connaît pas les acteurs de la pièce, on promène nos yeux sur le tapis dont les motifs vieillissent et sur un cadre qui nous rappel qu’on a grandit un peu. Beaucoup. On observe d’un regard en biais ses mains tâchées d’expérience qui ne nous semble pas avoir changé, elles, pourtant. On compte le temps qui s’est écoulé depuis le cliché, on observe nos doigts qui ont poussé depuis en se demandant comment on n’a pas pu les sentir grandir.

Puis on tend l’oreille à l’évocation d’un prénom familier. Celui qui nous manque ou que l’on n’a pas connu, peut-être les deux. Ca change sensiblement son regard, on devine parfois qu’elle essaye de se détacher de ses émotions en parlant sans y arriver comme elle le voudrait. On ne relève pas puisqu’on est pareil, les sentiments ça attache au fond et ça ne veut plus partir. On ne relève pas et on écoute. Au milieu des souvenirs flous on imagine, on fait d’une réalité racontée une fiction embellie. Les photos ne suffisent pas à remettre en place certains traits, alors on les invente. On regarde ce visage et ces gestes en les rajeunissant, on tente de les voir lorsqu’ils avaient vingt ans. Puis l’imagination suscite le questionnement. Quels vêtements doit on lui mettre ce jour là ? Quels sentiments inexprimables essaye-t-elle d’exprimer ? Doit-on voir une démarche assurée sur le trottoir ou une timidité qui séduit ? Avant le jour ou elle a porté du noir, qu’y a-t-il eu derrière la photo de mariage ? Est-ce qu’elle aussi elle a cru aux failles de la fidélité un soir ? Qu’est ce qui lui a fait mal quand elle avait notre âge ? Il y a toutes ces questions qui nous brûlent les lèvres et que l’on pose au compte goutte, quand on ose les poser. Ma veuve est une énigme lorsqu’elle raconte sa vie, c’est un sourire qui nous laisse la sensation de ne jamais connaître qu’une infime partie de ce que l’on aimerait savoir. C’est une partie d’elle qui n’appartient qu’à elle et le privilège de l’imaginer qui n’appartient qu’à nous.
Ma veuve a des hauts et des bas, des dates clefs qui ne passent pas, c’est une main tendue qui ne demande qu’à être prise dans ses quelques moments de solitude qui ont réussi à se glisser dans son emploi du temps. On lui dit qu’on sait, mais le fait est qu’on ne sait pas. On imagine, on se colle à ses paroles, on adapte le plus fidèlement possible ce vide, comme le lecteur qui espère voir le héros comme l’imaginait l’auteur en écrivant ses lignes. On romance inévitablement les détails manquant en se demandant quelles réactions on écrirait à sa place.

Discuter avec ma veuve, c’est essayer de comprendre pourquoi un même épisode de sa vie la fait sourire un jour, et pleurer le lendemain. C’est s’émerveillant devant cette preuve, qu’être sensible ce n’est pas une faiblesse, c’est une force.
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyJeu 10 Déc - 0:12

Waou.
C'est beau.
T'as eu bien raison d'aborder ce sujet. Parce que de toute façon c'est un moment de la vie, auquel on fait souvent face, quelqu'en soit l'âge...

En tout cas ça m'a foutue la boule a l'estomac tout ça...
T'écris tellement bien qu'on se visualise le truc.

A quand le bouquin ?

Jte l'achete tout de suite Rire
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyJeu 10 Déc - 9:53

Oh Oo...Une Amande Smile Crois le ou non mais tu m'as manqué.
La date de sortie est pas encore décdiée Wink Mais MERCI
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MessageSujet: Re: [Maëlle] Textes   [Maëlle] Textes - Page 8 EmptyLun 24 Mai - 23:21

Aux bachelières anciennes et nouvelles et surtout aux lecteurs, lectrices qui passeront encore.

Nous sommes en mai, c’est la fin de l’année, ce que le lambda nomme la dernière ligne droite. C’est la température trop fraîche pour le paréo mais trop chaude pour philosopher derrière une fenêtre qui ne laisse pas rentrer l’air. Les mains moites tiennent des stylos quatre couleurs, on entend les petits clics en canon, hymne des « terminaux » stressés. Face à l’adversité qui porte des lunettes sur le nez et des auréoles sous les bras, on n’ose pas être trop sur de soi, on se rétracte, on se recroqueville en position fœtale. Une armée de bernard-l’ermite en converses. Oui, c’est le grand jour, on nous rend nos interros. Je vois (j’espère) un souvenir germé dans un coin de la boîte crânienne qui est en train de me lire. Ces sueurs froides qui nous saisissent, cette touche de pessimisme, ce suspense, qu’on ait 4 ou qu’on ait 15 on a tous dit qu’on s’était loupé.

On voit notre vie de lettrés défilée devant nos pupilles dilatées, notre bouche devient sèche. Même la graine de framboise qu’on a, coincée dans la molaire depuis midi, semble avoir disparu de notre existence rien que quelques minutes, le temps de connaître le verdict. Enfin, c’est que de la philo, matière pesante et tortionnaire de neurone(s). Un ensemble de questions que tout le monde se pose mais auxquelles personne ne trouve de réponses claires nettes et précises. Enfin si, il y a quelques prétentieux qui au coin du poêle se sont trouvés illuminés, un éclair de génie, divin selon certain, digne de l’asile selon moi. Il faut dire ce qui est, la plupart des philosophes que nous étudions se rencontrent en un point : ils n’ont rien d’autre à faire. Qu’il s’agisse de Platon qui déambulait, peut-être ivre sur l’agora ou de Descartes qui s’ennuyait pendant son service militaire en Allemagne toutes les belles idées qu’on nous inculque sont le résultat d’un ennui profond. Bien sur, il en faut, ils nous rendent bien service, mais pas maintenant.

La tension est à son comble lorsque l’amas de copies parfaitement empilées est sorti de la pochette bleue du professeur. Le tas que l’on devinait sous son livre, plus surélevé que d’habitude. Si vous ne l’avez pas remarqué le premier, il y a toujours un espion plein d’acné qui a chuchoté avec une discrétion légendaire : « Il a les copies ! ». Soit dit en passant, il manquerait plus qu’il nous les perde.
Le correcteur les cognes trois fois sur le bureau pour les remettre droites et dit qu’il va nous les rendre dans un instant. Oui, l’éducation nationale et France Télévision se rejoignent en ce point : ils mettent toujours la coupure quand il ne faut pas. Le professeur aime faire languir et propose donc une petite bande annonce, ça ne rate jamais.


« Je vais vous rendre vos copies mais avant je vais vous faire un…hum…un…petit bilan rapide ».

Je l’arrête tout de suite. Ce bilan n’a jamais été et ne sera jamais un bilan rapide. Pour peu qu’il retire ses lunettes pour se frotter les yeux en même temps, c’est la totale. Geste fréquent, façon de dire qu’il les a corrigé le plus rapidement possible (en trois semaines), qu’il est fatigué et que ça n’a pas été tâche facile. Certains le disent même ouvertement. On a tous connu des profs qui nous ont dit « J’ai passé mon weekend a corrigé vos copies ». Sérieusement…pourquoi ? Qui se porte volontaire pour leur hurler que cette phrase nous inspire un magistral « et alors ? » ? Qu’attendent-ils au juste ? Des applaudissements ? Une ola ? Un rappel à la sonnerie ? Qu’on en demande une autre ? Corriger cette pile gigantesque presque bénévolement entre deux jours de grèves et avant deux mois de vacances, il y a de quoi les congratuler…la prochaine fois avant de quitter la salle, faites leurs la bise en disant que « merci, il ne fallait pas ».

« Alors la moyenne de classe est de 9,5. Ce qui est…correct. La note la plus basse est de 4, la note la plus haute est de 14. Dix points d’écarts, on peut dire que c’est hétérogène »

Ah…l’hétérogénéité des notes. Une façon de dire qu’il y a ceux qui ont réussi et ceux qui ont échoué mais en plus classe. On ne sait toujours pas de quel côté on est.

« Je suis inquiet. Vous pensez avoir le bac ? »
Puisque vous en parlez…non. Non c’est vrai, quinze ans de scolarité, une année de philo derrière soi…On a mis des mois à apprendre comment écrire « Nietzsche » et « Khrouchtchev » sans faire de fautes, et on pense quitter l’aventure maintenant. On a fait ça pour se défier mutuellement, se tester, et à l’heure où vous nous rendez ces feuilles, notre seule ambition dans la vie c’est de planter notre tipi dans le Larzac pour y élever des chèvres.

« La méthode n’est pas encore au point pour certains, je vois que les introductions ne sont pas maitrisées il faudra revoir ça mais vous comprenez bien que notre retard dans le programme ne nous permet pas les écarts superflus. Je vous renvoie donc au polycopié de début d’année qui me semble très clair ».

Je peux d’ailleurs affirmer que l’information recherchée figure dans le petit c du petit 1, lui-même dans le grand B de la partie 2. Comment vous dire... La forme est claire mais pour ce qui est du fond...Les profs aiment nous laisser en/un plan.
Ils en sont fiers de leurs mises en pages…ils aiment la faire chauffer la photocopieuse en même temps que la machine à café. Les devoirs en noir en blanc avec les mots des bouts de lignes qui passent mal. Combien de « C’est mal passé je ne comprends pas, je vais relire », « vous rajouterez un s » et encore plus de « il est bien évident que la question 3 se réfère au document 4 et non au document 5 ». Qu’ils se relisent ! 28 copies, 28 fautes, soit deux points de moins selon leurs propres tarifs. Faut faire une copie test, tout le monde sait ça ! Ce qui ne demande que deux pressions sur le bouton au lieu d’une. Vous imaginez si les maisons d’éditions faisaient la même chose ? Une série entière de livres de la Pléiade massacrée…On pourrait lire l’œuvre intégrale de Bictor Jugo. Imaginez la lectrice du prochain Dan Brown qui aura envie de se pendre parce que le nom du coupable a été scié trois pages avant la fin. C’est Dupond ou Dupont ?

Il pourrait imprimer en couleur aussi. Combien d’élèves se sont déjà retrouvés devant un graphisme avec comme consigne de décrire une évolution de production industrielle représentée par la courbe rouge, PUIS, la comparer avec la courbe bleue. La copie étant en noir et blanc, y a une seconde de malaise. « Vous repasserez, la rouge c’est celle qui atteint le deuxième trait en 1970 ». On le connaît tous ce moment de grand doute. On vérifie trois fois que 1970 c’est bien entre 1960 et 1980. On suit la dite courbe du doigt pour être sur qu’on ne confond pas, certains on même la bouche ouverte (si, si), béatitude niaise qui donne un air profondément ridicule.

C’est du travail mal fait qui nuit profondément à la nature, et c’est là que j’entre dans la partie engagée de mon laïus. Comptez mesdemoiselles, messieurs, le nombre de feuilles que vous avez déjà mis dans un coin du placard, de la poubelle ou de la cheminée. Pour chaque feuille combien de brindilles orphelines ? Combien de kilos de cellulose amazonienne perforés, raturés, froissés ? Combien de carreaux petits ou gros qui ont été coloriés en damier parce que sans cette ultime gymnastique cérébrale nous serions morts d’ennui, échoués sur une table? Ces feuilles qui volent dans nos cahiers parc qu’il y a une pénurie de colle, celles que l’on met à trois dans une pochette transparente parce que sans quoi il n’y aurait jamais assez de place. La question du gaspillage du papier revient très souvent, on en oublie celui de l’encre qui est selon moi tout aussi dramatique.
Les stylos multicolores dont on perd les bouchons, les stylos plumes qui tâchent les doigts et le reste, ceux dont on cherche en vain la fuite. Ceux qui roulent au bout de la table et qu’on sauve de la chute à plat ventre, le bord de la surface dans les côtes (surtout les effaceurs qui roulent très bien vous aviez remarqué ? Une fois sur deux c’est eux les déserteurs). Les cartouches dont certains conservent les billes, tableau de chasse clinquant dans un morceau de plastique. Les plumes qui laissent des traces sur les paumes, celles qu’on essaye d’enlever discrètement à coup d’effaceur. Celui qui quelle que soit la marque, a une étrange odeur de dinde artificielle, qui vous colle à la peau. Dans ces moments là on donnerait un empire pour un savon de marseille.
Oui, je parle de ces litres d’encre bleu marin ou noir de chine que l’on fait couler dans le seul but de nous évaluer. Vous ne vous êtes jamais demandé à qui tout ça faisait du mal ? Jamais ! A votre avis combien de pieuvres a-t-il fallu traire pour que vous ayez vos sujets de bac ? Combien de bébés poulpes tout pâles ont du être sevrés bien trop tôt, à la fleur de l’âge pour que les dialogues de Platon nous parviennent ? Vous ne savez pas, et moi non plus d’ailleurs, mais je laisse cette question en suspend car le drame écologique est de taille.
La prochaine fois que votre professeur vous distribue un morceau de papier encore chaud, essayez de visualiser le petit être aux yeux globuleux, visqueux mais sensible qui quelque part dans l’océan a perdu un peu de lui-même alors qu’il n’avait rien demandé à personne. Malheureux. Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi l’océan était salé ?

C’est la fin. Il se lève de sa chaise et procède religieusement à la distribution. La couleur rouge a pris le pas sur notre écriture appliquée, et les deux copies doubles qui nous ont fait mal au poignet sont raturées et souillées avec une absence de pitié qui nous tirerait presque une larme. On se revoit en train d’écrire, et on se dit qu’on s’était donné du mal pourtant. Les questions fusent, on nous demande combien on a eu, on répond avec un élan de dignité très vite écrasé par une culpabilité ou une incompréhension naissante.


« Je vous distribue une correction que je propose. C’est pas la seule possible bien sûr mais elle me semble complète. Je n’ai pas mis la conclusion, vous la rédigerez pour lundi parce que j’ai oublié de vous dire : vous ne savez pas conclure ».

Non c’est vrai, mais vous non plus.
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